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L'étymologie du mot fonde le théâtre sur le " regard " (theatron, du verbe grec theomai, "voir"). Ses origines historiques sont complexes. Le théâtre participe à la cérémonie religieuse. Sur une aire séparée du public, un ou plusieurs officiants miment avec leur corps et leur voix une histoire à laquelle, par convention tacite, la collectivité s'associe.
En Occident,le théâtre trouve sans doute son origine en Grèce, où les représentations dramatiques (ou Dithyrambe) apparaissent dans le culte de Dionysos (Dieu du vin et de la fête, fils du Dieu Zeus et de la mortelle Sémélé) dès la fin de l'époque archaïque.
Le Dithyrambe était chanté et dansé par un chœur de citoyens. Ils évoluaient sur une aire de terre battue appelée Orchestra, un flûtiste se tenait sur une pierre en son milieu pour rythmer le tout.
Le théâtre serait né, vers 550 av. J-C, lorsque Pisistrate, tyran régnant à Athènes, associa au Dithyrambe un groupe de comédiens dirigés par Thespis qui passait d’un village attique à l’autre pour représenter les héros grecs. Thespis aurait eu l'idée, de faire dialoguer un acteur avec le chœur, introduisant ainsi un élément dramatique dans le poème lyrique; ainsi apparaît le premier " acteur ", dénomméhupocritès ("celui qui donne la réplique") ou protagoniste ; Eschyle en ajoute un second (deutéragoniste) et Sophocle un troisième (tritagoniste)
Le théâtre est alors devenu un genre littéraire, et le dramaturge un créateur conscient de son art. De son côté, l'acteur (exclusivement masculin) acquiert un statut spécial, mais élevé, dans l'échelle sociale ; il n'a pourtant guère l'occasion de donner une impulsion personnelle à ce qu'il joue : il porte un masque à l'expression figée dans une grimace de douleur ou de rire, tandis que ses cothurnes, ses vêtements aux rembourrages voyants et une coiffure très en hauteur sont censés évoquer le gigantisme des dieux et des héros qu'il incarne. Il semble pourtant - et le fait que des comédiens précis aient été loués et récompensés le prouve - que leur diction, l'expressivité de leur voix et de leurs attitudes aient permis aux comédiens grecs de ne pas être de simples récitants déguisés, sans que l'on puisse cependant parler encore d'interprétation véritable. Pendant longtemps, le théâtre grec gardera l'empreinte de ses origines sacrées : les concours, précédés de processions, sont organisés lors des Dionysies dans le sanctuaire du dieu. La comédie, selon Aristote, procède des processions phalliques et des lazzis échangés entre le public et le chœur des satyres du cortège. Les chœurs des tragédies descendent des chœurs psalmodiant autour d'un autel. La plus ancienne tragédie qui nous est parvenue est une pièce d'Eschyle, Les Perses (472 av. J.-C.), la première comédie Les Nuées, d'Aristophane (v. 427 av. J.-C.)
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Thespis :VI è siècle av. J-C. Poète tragique de L’Attique; n’a laissé aucune trace de ses œuvres. Il aurait introduit le premier, un acteur dans le chœur. Payé en nature (bouc ou chèvre), il était appelé tragikoï (par rapport au bouc qui se dit "tragos " en grec). Le terme tragédie est né de ce surnom. |
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Eschyle : 525 av. J.-C. - 456 av. J.-C.Auteur dramatique, il gagne son premier concours en 484. Sa réputation amène Hiéron, tyran de Syracuse et protecteur des arts, à l'inviter en Sicile, où il séjourne à deux reprises (472-468, 458-456). Des quelque quatre-vingts pièces qui lui sont attribuées, sept seulement nous sont parvenues dans leur totalité : Les Suppliantes (vers 490), Les Perses (472), Les Sept contre Thèbes (467), Prométhée enchaîné (entre 460 et 450) et la trilogie de L'Orestie (458), qui comprend Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides. |
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Sophocle : vers 495 av. J.-C. 406 av. J.-C. il est le plus grand dramaturge de la Grèce du Ve siècle. À trente ans, il participe pour la première fois à un concours dramatique et triomphe d’Eschyle. Plus de vingt fois, sans jamais obtenir moins qu'une deuxième place, il viendra à bout de ses concurrents, faisant représenter plus de cent vingt-trois tragédies, dont sept sont parvenues jusqu'à nous. Il donne ainsi au genre tragique sa forme définitive, en faisant passer le nombre d'acteurs de deux à trois et en remplaçant le principe de la trilogie liée (contant trois épisodes d'un même mythe) par celui de la trilogie libre (où les épisodes sont autonomes). |
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Euripide : 80 v. J.-C. -406 av. J.-C Auteur de plus de quatre-vingt-dix pièces, Euripide n'obtint de son vivant que quatre victoires au concours tragique. Il nous reste de cette œuvre dix-huit pièces complètes, parmi lesquelles: Alceste (438), Médée (431), Hippolyte (428), Hécube (v. 424), Héraclès (v. 418), Les Troyennes (415), Électre (v. 413), Hélène (412), Iphigénie en Tauride (v. 411), Ion (v. 410), Oreste (408), Les Bacchantes (405) et Iphigénie à Aulis (405). |
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Aristophane : vers 445 - v. 386 av. J.-C Il composa une quarantaine de comédies, dont onze seulement nous sont parvenues complètes. Une partie de cette œuvre satirique et polémique s'inspire de l'actualité politique ou quotidienne pour fustiger les archontes (Les Babyloniens, 426), la démagogie du très puissant Cléon (Les Cavaliers, 424), les partisans de la guerre (Les Acharniens, La Paix,421 ;Lysistrata, 411), les sophistes (Les Nuées, 423), les tribunaux (Les Guêpes, 422). Mais si le chœur - déguisé, virevoltant, fournissant l'élément essentiel et permanent du comique - joue dans toutes ces pièces son rôle traditionnel, il perd de son importance à mesure que l'inspiration du poète se détourne de l'actualité pour aborder des thèmes plus généraux : ennemi de la nouveauté dans beaucoup de domaines, Aristophane se fait critique littéraire dans Les Thesmophories (411), dans Les Grenouilles (405), où il oppose Eschyle à Euripide. Il condamne les théories féministes des sophistes dans L'Assemblée des femmes (392), tandis que la veine utopique et fantaisiste triomphe dans Les Oiseaux (414) et Ploutos (388) Par la variété de ses thèmes, l'invention et la verve qu'il manifeste dans ses œuvres, la justesse de ses parodies et de ses allégories, Aristophane reste le plus grand poète comique grec : son style, toujours souple et élégant, n'exclut ni une violence parfois extrême du langage ni un lyrisme à la fois simple et puissant. |
Le développement des arts de la scène en Asie coïncide avec l’expansion du « Grand Véhicule ». C’est que, partout où il a pénétré, le bouddhisme s’est amalgamé soit à d’anciens cultes orgiaques, soit à l’idéalisme héroïque professé par les conquérants. Ainsi un théâtre né uniformément des antiques danses sacrées a pris corps, suivant le génie des diverses races, en plusieurs types différents de dramaturgie, identiques en ceci que le drame joué n’est pas celui de l’humanité, mais celui de l’univers, les faits et gestes de l’homme n’y étant évoqués qu’à titre de symboles. Il est rare que l’action s’y noue en un débat centré sur une crise; tantôt elle se dilue en effusions rêveuses, tantôt elle prolifère en un foisonnement épique, ou bien, comme dans le nô, se réduit à sa quintessence.
Comme notre théâtre du Moyen Age, celui-ci reste engagé dans la gangue rituelle. Il se développe dans une aire comprise entre le drame liturgique pur et le ballet de cour. Il puise aux sources de la fable, mais la tradition populaire ne cesse de l’alimenter; elle précède les formes littéraires et leur survit, par la vertu d’une technique à la fois si libre et si rigoureuse qu’elle trouve dans ses propres ressources la force de subsister même lorsque l’élan mystique ne la soutient plus. Le théâtre de l’Asie est un art ésotérique, d’expression symboliste. Il use d’un langage très élaboré, qui a pour base la danse. Le texte du poème si riche qu’en soit la trame, n’y tient que la partie d’accompagnement. Un battement de cils, un éventail qui s’ouvre ou se ferme, quelque fugitive intervention de l’orchestre, l’apparition de telle couleur à tel moment composent un code subtil et pourtant familier à tout un chacun. Rien ici qui ne soit figure, allusion. La personnalité de l’interprète s’efface, et jusqu’à son sexe : en effet, sauf dans l’Inde, et dans les ballets (Indochine Indonésie), les femmes ne s’exhibent point sur les tréteaux. L’acteur fait partie d’un univers mythologique : indifféremment génie céleste où dragon d’enfer, être humain, animal, plante, ou bien le vent, ou le ruisseau, une culture acrobatique très raffinée le prépare à ces métamorphoses. Un tel art postule, bien entendu, l’emploi du masque. Là où il disparaît, c’est pour faire place à une mimique stylisée. Le superbe maquillage laqué, en blanc et noir, de l’acteur chinois, ne diffère pas sensiblement du masque japonais. Au point de départ du jeu, on trouve presque toujours la marionnette : « masque intégral et animé » corps magique affranchi de la pesanteur, actrice idéale d’un théâtre métaphysique. Inde ancienne : Le théâtre ancien, de langue sanskrite, a fleuri sous le souffle bouddhique, dans les dix premiers siècle de notre ère. Pour en définir le caractère, il suffit de rappeler que le sanskrit était alors langue littéraire, c’est à dire langue morte. L’intrusion de l’Islam (Xiè siècle) précipita le déclin de cet art.
Lorsque l’expédition d’Alexandre eut ouvert le Pendjab à l’hellénisme, les mimes grecs se mêlèrent à leurs camarades indigènes. Ils promenaient avec eux la comédie gréco-latine. On en retrouvera les recettes dans Le petit chariot d’argile, de Çudraka (IIIè siècle après J.-C.) et jusque sur la scène chinoise. A première vue, ce drame aryen ne nous dépayse pas trop. Le ton en est celui des cours d’amour. Ces rois au cœur innombrable, ces reines jalouses, mais généreuses, ces moines officieux, ces nonnes confidentes, ces serviteurs naïfs et fidèles ne paraissent occupés qu’à démêler les finesses du sentiment telles que les traités de l’art les classent et codifient avec une minutie incroyable. Ce n’est dans leur bouche qu’une louange intarissable des grâces de la femme. Mais prenons garde qu’ici tout est symbole; le roman d’amour doit s’entendre des aventures de l’âme en sa quête mystique. Dans les poésies érotiques du brahmane Kalidâsa (IVe siècle) et dans ses drames (L’anneau de Çakountala), le même lyrisme suave surabonde, qui reflète, mêlés, les beautés du monde sensible et le mystère intérieur. Java-Bâli : L'isolement insulaire nous a conservé le jeu dramatique dans la pureté de style où l’arrêta l’expansion de l’Islam (fin du XVè s.).- Mis à part les jeux de masques immémoriaux, qui restent en grand honneur, surtout à Bâli, il a prospéré et prospère encore sous deux formes principales, d’apparition successive.La plus ancienne est le wayang-poerwa, le théâtre d’ombres. Les fines silhouettes de bois découpé ou de cuir profilent leurs dentelures sur un écran. Elles sont articulées aux épaules et aux coudes et le dalang, assis au pied de l’écran, les élève au bout d’une tige de bambou, en même temps qu’il psalmodie les vers du poème. A sa droite il a placé les héros, les dieux, tous les êtres agissant d’accorde avec l’harmonie universelle; à sa gauche, les génies malfaisants. Le gunugan est une figure symbolique— l’Arbre du Monde, le Feu, la Vie — dont l’apparition situe l’action dans son véritable plan. Ce spectacle est dérivé d’un jeu d’ombres attesté dans l’Inde au second siècle avant notre ère. D’ailleurs, c’est l’épopée indienne (le Mahabhûrata, le Ramayana qu’il met en images.
Dans le wayang-wong, les acteurs de chair copient les mouvements des silhouettes articu1ées. Le dalang ne fait plus office que de récitant, en marge du texte dansé. Au rythme du gamelang (orchestre à cordes et à percussion), combats, duos d’amour, métamorphoses se déroulent dans un style de cour, pudique et subtil. Plus proches de la source magique et de l’âme populaire sont demeurées les pantomimes dansées à Bâli. Quant aux ballets royaux du Siam et du Cambodge, entretenus à grands frais, ils valent surtout comme le conservatoire d’une technique très précieuse, comme une manière de musée vivant. Tibet : Les mystères tibétains ne remontent guère au-delà du XVIIe siècle, mais supposent une tradition plus ancienne. Simple prédication dramatisée, ils n’en ont pas moins pour théàtre le cœur de l’homme, soit qu’ils nous peignent une jeune fille renonçant aux joies permises pour entrer au cloître, ou le Bouddha, avant I’illuminationt, se dépouillant de tous ses biens, et de ses yeux mêmes, à l’appel de sa vocation. Il semble que, pour les fidèles, se prolonge en ascension spirituelle le voyage, qui, de vallée en vallée, les a conduits jusqu’à ces hauts plateaux, aux abords d’un monastère, sur la ligne de faite du continent.Les représentations se poursuivent pendant plusieurs jours, entrecoupées de processions, égayées par les pitreries des mendiants. Les bonzes lisent leur rôle sur un parchemin. Un choeur de masques figure les antiques démons, esprits de la terre.
Chine : On en retrouve trace plus de deux mille ans avant notre ère, sous la forme de la danse sacrée et du ballet de cour. Il en était encore à ce stade au temps d’Huan.Tsjn (713-755). Cet empereur, bon musicien, installa sa troupe de trois cents comédiens, qu’il dirigeait lui-même, en un lieu dit le Jardin des Poiriers. Les acteurs en ont gardé le nom ce sont les « disciples du Jardin des Poiriers s.
Avec la conquête mongole, un souffle vif passa sur la Chine, bousculant un peu les traditions de ce peuple studieux. L’art de la scène, comme le reste, en fut revigoré. Mais il ne connut sa grande époque, celle du Kouen K’iu, que sous la dynastie M’ing (XVIè s.). Les pièces de cette école (La salle de longue vie, La guitare Pi-P’a) sont des moralités féeriques : polies, fleuries, attendries, interminables, elles délivrent l’essence d’une sagesse pleine de mesure jusque dans les effusions de la mysticité. Tout ce qui concourt au spectacle y est dosé avec tant de délicatesse que l’interprétation de ces drames est demeurée la grande épreuve pour les comédiens. Au XVIIè siècle, le K’ing Tiao accorde déjà trop à la virtuosité de l’exécution. Dans le S’ing Hi (XIXè s.), le danger s’aggrave de la tentation du « vérisme s à la mode de l’Europe. Toutefois, même réduit à l’emploi de divertissement populaire, sa fidélité à ses merveilleuses traditions techniques conserve à cet art sa vertu d’enchantement. Japon : L’histoire du théâtre, au Japon, est celle de deux grandes écoles : le nô et le kabouki. Dans le nô, se traduit une conception à la fois religieuse et aristocratique de la vie ; le tragique s’y épure en un stoïcisme adouci par le sentiment bouddhiste de l’universelle solidarité. Le nô se constitua, vers la fin du XIIIe siècle ; il unissait deux traditions :celle de la kagura, ou pantomime dansée, et celle des chroniques en vers récitées par les bonzes errants.
Les drames nô étaient joués, les jours de fête, dans l’enceinte des grands sanctuaires. Leurs acteurs se recrutaient parmi les daïmios et les sôguns et se transmettaient de père en fils les secrets de leur art. Les nô célébraient la gloire d’un temple, ou bien les illustrations de quelque ordre sacerdotal. Ils développaient les grands thèmes de la prédication bouddhiste, enseignant la nature transitoire des choses humaines, montrant les démons exorcisés, les âmes en peine apaisées~ les souffrants réconfortés. Le nô est un drame bref; il faut en grouper cinq, de caractères différents, pour composer un spectacle. Leurs sujets fourniraient tout justes chez nous, à une ballade ou à un conte de quelques lignes : c’est, par exemple, l’ombre d’un guerrier tué en duel qui apparaît à son meurtrier; ou bien une impératrice douairière qui fait visite à son beau-père dans le couvent où celui-ci, trente ans plus tôt, s’était retiré après son abdication ; ils échangent des souvenirs... ; ou bien c’est une belle que revient tourmenter l’âme inconsolée de celui que, jadis, elle a laissé mourir d’amour. « Le drame, dit Claudel, c’est quelque chose qui arrive; le nô c’est quelqu’un qui arrive. » L’arrivant décrit son voyage; il vient de loin; on se sent comme transporté avec lui aux frontières de l’invisible. A cette altitude, l’oreille est sensible aux plus fines harmonies de l’âme et de la nature. La merveille est que ces moines qui ne visaient qu’à l’édification aient su dégager du rituel une dramaturgie si efficiente. L’architecture de la scène ne diffère pas sensiblement du dispositif chinois, dont elle procède : un quadrilatère à peu près nu, ouvert de trois côtés entre les pilastres de cèdre qui en marquent les angles. Mais lorsque, sur la passerelle qui y donne accès, paraît le protagoniste (le shité), ce « quelqu’un qui arrive », pour nous parler — citons - encore Claudel — « en son langage de pierreries, de pivoine et de feu », tandis que, «dans son ombre, le chœur accroupi rêve et murmure », il manifeste le génie du théâtre : la poésie incarnée. Le kabouki est né des spectacles de marionnettes. Les pièces que Tchikamatsu (né en 1653) composait pour elles ne diffèrent en rien de celles que Takeda-Idzumo, au siècle suivant, fit jouer par des acteurs humains. Les mêmes drames passent encore d’un répertoire à l’autre. Des histoires de conquêtes et de pirateries y prolifèrent en vingt actes — chacun bourré comme un roman-feuilleton — dans une débauche inouïe de cruauté, de magnamité, de prouesses, d’astuce, de politique et de miracles. Le kabouki utilise la machinerie moderne, mais sans renoncer aux plus charmantes tradition de son style : l’Ombre voilée suit les personnages en les éclairant d’un falot balancé au bout d’un bambou; et le ki, accent musical, résonne à l’approche d’un moment fatidique — pour annoncer, par exemple, que la Lune va Paraître. Islam : Le téazieli persan est une manière de vocero liturgique célébré pendant le mois de Moharrem pour commémorer le martyre des imans, fils et descendants du prophète. C’est le seul jeu dramatique toléré dans “Islam en dehors du théâtre d’ombres.
En Perse, celui-ci a pour protagoniste Ketchel Pelewan, qui est cousin du Karagueuz turc ; mais les deux bonshommes ont chacun leur caractère, le premier plus fin, mélange de Scapin et de Tartuffe, l’autre plus fruste et plus gaillard, l’oeil ardent (c’est un tzigane), portant haut sa fierté virile, aventureux cynique, et d’ailleurs, plus souvent qu’à son tour, rossé, cocufié et berné; mais n’importe : Il personnifie à merveille la vitalité de la race et la protestation des petits; fétiche ou génie de la gaieté populaire, et son agent de liaison entre l’Europe et l’Orient, entre l’antiquité et les temps modernes. |
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La forme en hémicycle du théâtre grec fut conservée ; mais le théâtre romain différa de son aîné par plusieurs détails.
Les tragédies et les comédies
D’abord, on n’adossa plus les théâtres au flanc d’une colline. Puis, le choeur étant supprimé, l’orchestre fut occupé par les sièges des magistrats et des sénateurs. Enfin la scène fut très profonde, et un rideau qui se manœuvrait de bas en haut put la caché momentanément, comme de nos jours, au yeux du public. Un grand velum abritait généralement les spectateurs contre le soleil ou contre la pluie. Bien avant que la littérature hellénique fût appréciée en Italie, on y représentait des petites pièces comiques tirées du terroir. On les appelait Salurac (pots pourris), mimii et Atellanae (d’Atella en Campanie). C’étaient des sortes de parades grossières et licencieuses qui ne prirent une forme littéraire qu’à l’époque de Cicéron et Sylla.
Mais déjà les italiens manifestaient un goût plus prononcé, qu’ils ont toujours conservé d’ailleurs, pour la musique et pour la danse. Cela créera sous l’Empire, la pantomime. sorte de ballet compliqué qui tuera. Pour sa bonne part l’art dramatique.
C’est un esclave grec, Livius Audronicus de Taren Le (vers 210 av. J-C) qui fit connaître à Rome le drame hellénique A la suite, il y eut alors deux sortes de tragédie : l’une purement grecque (la palliata) l’autre (praetexta) qui prit son sujet dans l’histoire romaine et ainsi appelée parce que les acteurs y portaient la toge prétexte.
De même. il y eut deux sortes de comédies : la palliala, dont la scène se passait en grèce et où les acteurs portaient le pallium et la togata où les acteurs en toge représentaient une pièce italienne.
Les togatae elles-mêmes se divisaient en trabeatae, ou comédies visant les moeurs de la haute société. et en labernariae. consacrées aux moeurs de la populace. Les uniques pièces qui nous restent de cette période, la plus illustre de l’histoire du drame romain, sont les comédies de Plaute (254-181) et de Térence (185-159)), qui sont toutes des palliatae. Que les temps sont changés !
Chez les Romains, les acteurs étaient fort méprisés et on les recrutait presque exclusivement parmi les affranchis ou les esclaves. Souvent, on cite bien l’acteur tragique Ésope et l’acteur comique Roscius comme ayant été considérés, mais ce sont là des exceptions fort rares. A l’ordinaire, les acteurs étaient réunis en compagnies sous les ordres d’un chef. qui était lui-même un esclave ou un affranchi, et qui écrivait souvent des pièces pour sa propre compagnie. Ces pièces trouvaient place dans les spectacles gratuits que l’État offrait au peuples elles étaient représentées entre des combats de gladiateurs, des danses ou des mêlées de bêtes fauves.
Les masques furent adoptés par les acteurs. Toutefois, l’emploi n’en fut guère généralisé que dans les palliatae, après l’époque de Térence. Aux magistrats qui présidaient les fêtes était échu le soin de payer l’auteur et les acteurs. Honoraires peu considérables et même honoraires nuls quand la pièce était sifflée. Au fond, le peuple romain préférait mille fois à toutes les pièces du monde les jeux du Cirque qui flattaient au moins ses instincts de Sauvagerie. Ou utilisait des décors, cela est incontestable, surtout dans les pallialae.
La plupart représentaient des portes de temples, et, de place en place, on tendait des étoffes qui servaient à cacher, quand il le fallait, les personnages de l’action, On peut affirmer que nul progrès n’avait été fait, dans ce sens, depuis le moment le plus prospère du théâtre grec. Aussi bien, ce décor devait être largement suffisant pour des acteurs, embarrassés encore par leurs masques. et dont une petite joueuse de flûte rythmait par intervalles les répliques.
Marc Vitruve Pollion, célèbre architecte romain qui vivait au temps d’Auguste (Ier siècle av. J-C.), dit, dans le 5e livre de son Traité d’Architecture, comment on doit installer le théâtre et il énumère les trois décors principaux qu’il intitule : scène tragique (avec statues, colonnes) scène comique (avec maisons ordinaires) ; — et scène satyrique (dans un bois avec maisons de paysans). Et il donne les détails de ces décors, ainsi qu’il suit, d’après une traduction publiée à l’époque de la renaissance :
« Ceulx de la Tragique s’enrichissent de colonnes, Frontispices, Statues et autres appareils sentans leur Royaulté ou Seigneurie. « Ceulx de la Comique représentent maisons d’hommes particuliers, et ont leurs fenestrages et ouvertures faictes à la mode commune. « Mais la Satyrique est ornée d’arbres, cavernes, montagnes, rochers, et pareilles choses d’ozier entrelassé en manière de paniers ou de clayes et couvert dessus ainsi qu’il est requis. » Enfin, un escalier en pierre, à double révolution, monte toujours de l’orchestre à la scène ou en descend.
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Plaute : Titus Maccius Plautus (v.254 av. J.-C.-184 av. J.-C.), poète comique latin très populaire dans la Rome antique.On ne sait presque rien de sa vie, sauf qu'elle fut mouvementée, et qu'il ne se consacra à la poésie qu'après 215. Ses comédies (dont vingt sont parvenues jusqu'à nous, et qu'il est impossible de dater) montrent avec beaucoup de verve le petit peuple romain: "Amphitryon" ; "Le Soldat fanfaron" ; "Les Ménechmes" ;"L'Aulularia" ("La Comédie de la Marmite") a inspiré Molière, qui en a tiré le sujet de "L'Avare" et qui repris également "Amphitryon" |
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Terence : Publius Terentius Afer (v.190 av.J-C - 159 av. J-C) poète comique latin, né à Carthage. Ses comédies, inspirées du Grec Ménandre, font s'affronter des personnages décrits avec une grande finesse psychologique et animés de bons sentiments : "L'Andrienne"; "L'homme qui se punit lui-même"; "L'Hécyre"; "L'Eunuque"; "Les Adelphes"; "Phormion" (dont s'inspira Molière dans "Les Fourberies de Scapin") |
Tout d’abord, il ne faut point se lasser de répéter que le Moyen-âge ne fut point une époque triste, comme d’aucuns s’obstinent à le prétendre ; et le peuple parisien ne cesse point de se moquer de tout. Il immortalise la Farce même aux murs des cathédrales. Son ironie n’épargne ni le Christ, ni les Saints, ni la Vierge, pourtant si fêtée.
Les premiers mettent en scène, au milieu d’un carrefour, sur un échafaud, artisans avec leurs instruments, médecins avec leurs fioles, gens d’Église avec leurs chapes, gens de justice avec leurs écritoires, gens de guerre avec leurs épées. C’est un déroulement de comiques de situations, un récit de vives railleries. Le renard, animal rusé, sournois et preste, est le plus souvent le principal acteur.
On le voit successivement apprenti, garçon, maître, chef de jurande, apothicaire, chirurgien, avocat, juge, moine, pape, mais ne cessant jamais d’être renard, toujours gambadant, toujours sautant, en quête de méfaits et de drôleries. Toute la ville vient l’applaudir. Jusqu’au soir il se démène ainsi, déchaînant I‘ivrognerie et la luxure.
La scène
Les mystères pieux étaient , eux, consacrés à la vie du Christ, aux légendes bibliques, à la glorification de Dieu le Père. Commencés avec quelque gravité. Ils engendraient bientôt également mille bouffonneries. Elle était toujours installée au-dessus d’un échafaud très élevé adossé généralement contre la façade d’une maison. De grandes toiles peintes figuraient une maison, un bois ou un palais. On les faisait descendre d’une charpente disposée en forme de cintre et souvent des outils, des meubles ajoutaient au réalisme de la scène.
Les représentations
Pour les mystères pieux. la décoration suivait une règle précise. Il y avait trois échafauds superposés représentant l’enfer, le purgatoire et le ciel. Dans le bas se trouvait l’enfer, figuré par une énorme gueule de diable, rouge, velue, et entourée de diablotins crachant du feu. Au milieu. C’était le purgatoire. Le décor était moins terrible il s’harmonisait avec le vénérable Adam et l’accorte Ève. Dans le haut enfin, le décor représentait le ciel. On y voyait, peints sur la toile, des nuages, des anges, et, assis au beau milieu, Dieu le Père, qu’ entouraient des Saints à la longue barbe. Ces trois décors restaient immobiles. Ils étaient fixés sur des charpentes au travers desquelles grimpaient des escaliers pour permettre L’ascension de l’âme qui partie de l’état de péché, arrivait à la félicité céleste. Devant chacun des trois décors une vraie scène aussi s’étendait ; car les acteurs étaient nombreux et souvent on faisait figurer des animaux, comme la vache de Bethléem ou bien encore l’ânesse de Balaam. Les charpentiers dressaient et rendaient, aisément praticables ces trois échafauds. Au début, la représentation des mystères pieux avait été le privilège exclusif des Confrères de la Passion, tandis que les moralités (compositions scéniques, où figuraient des idées abstraites personnifiées) étaient, jouées par les clercs de la basoche ; mais bientôt, les moralités ayant fait place A la farce et à la sotie, moralités et mystères furent représentés par les premiers venus.
Ce fut certes beaucoup plus gai ; car ces acteurs improvisés ne prenaient nul soin de se grimer. Alors toute l’assistance reconnaissait l’épicier, le sellier. le barbier, qui de bonne volonté, tenaient les rôles, s’esclaffait et interpellait de réparties, vives et drues, le malheureux Barrabas ou le Christ lui- même.
La grosse gaieté du peuple se donnait libre cours. Sans souci du drame représenté même quand Marie-Madeleine pleurait aux pieds du Christ, on criait à l’un des acteurs d’aller retrouver sa femme qui était en train de le tromper ou bien à un autre de se sauver vite parce que ses chausses brûlaient. Souvent aussi l’ânesse de Balaam refusait de traverser la scène ou encore la vache, sans souci du lieu, s’oubliait. Alors c’était un vaste éclat de rire. Entraînés, les acteurs bientôt faisaient de même. Ils lançaient à leur tour des apostrophes aux spectateurs, et mêlée des quolibets devenait générale. Il y avait certes des esprits délicats et lettrés qui voulaient réagir, mais ils ne pouvaient rien contre le goût de bouffonnerie de la foule. Farce : Pièce de Théâtre bouffonnne, d'un comique un peu grossier, qui préfigure la comédie de moeurs. La farce de maître Pathelin
Sotie : (ou sottie) Farce satirique où les acteurs portaient des costumes de sots
Moralité ; : Petite allégorie en vers jouée dans un but édifiant.
Mystère : Au Moyen-Age, drame religieux traitant des miracles de la Passion du Christ, de la vie des saints, qui se jouait généralement sur le parvis des Eglises
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A venir |
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Tirso de Molina : (1584-1648 ) Fray Gabriel Tellez |
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.Miguel de Cervantes :(1547-1616) Dans une inspiration solitaire avec des formes qui ne devaient rien ni à l'imitation des classiques ni à celle des humanistes chrétiens, tenta de transformer directement le théâtre religieux médiéval en théâtre profane national. Cette dramaturgie se concrétisa dans des épopées picaresque comme El cerco de Numancia ( le siège de Numance1585) et dans une trentaine de malicieux intermèdes écrits à la fin de sa vie dont : El Retablo de las Maravillas (Le retable des merveilles), el viejo Geloso (Le vieux jaloux), la Eleccion de los alcaldes de Daganzo(Lelection des alcades de Daganzo. |
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Juan de la Cueva :(1550-1610) Dramaturge sévillan, s'affranchit de l'exemple classique (grec) et institua, dans ses écrits théoriques (Ejemplar poetico, 1609), plus que dans ses pièces, les règles de la comedia : melange du tragique et du comique, abolition des unités de temps et de lieu,variété des mètres. Parmi ses pièces certaines rapportent les légendes et l'histoire de son pays : Los Siete Infantes de lara (Les sepyts Enfants de Lara, 1579), la Libertad de Espana par bernardo Del Carpio (la Liberation de L'espagne par bernardo del Carpio), etc. |
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Felix Lope de vega : (1562-1635) , madrilène, est considéré comme le maître de la Comedia. Il puisa sa matière librement dans la réalité ou dans le patrimoine culturel espagnol,et l'ordonna pour le seul plaisir des spectateurs, sans attenuer sa varièté et son mordant par une formalisation rigide ou par une intention didactique; naturel, lyrisme, science du mouvementdramatique, efficacité scénique (coups de théâtre) étaientses seuls preceptes. Il a joui pleinement de la liberté préparé par Juan de la Cueva, et son oeuvre immense (environ quinze cents comédies) est une glorificationdu théâtre en soi, et de son pouvoir divertissant. A part l'Arte Nuevo de Hacer Comédias (le Nouvel Art de Faire des Comédies 1609), et les quatre cents autos qu'ils semble avoir écrit, il composa des comédies légères et rustiques comme El Anzuelo de Fenizia (l'hameçon de Phenice) des comédies de palais (de palacio) et de cape et d'épée (en capa y espada), comme El Perro del Hortolano (Le Chien du Jardinier) et des drames historiques comme Peribanez, Fuente Ovejuna. |
Don Pedro Calderon de la Barca : (1600-1681) |
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A venir |
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| Nicolas Machiavel (1469-1527) | |
| Angelo Beolco dit Ruzzante : (1502-1542) | |
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Carlo Goldoni : (1707-1793) |
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Carlos Gozzi : (1720-1806) |
Les théâtres élisabéthain, présentent de nombreuses analogies avec les théâtres publics espagnols de la fin du XVe siècle :
aménagés dans une cour intérieur (le plus souvent dans une cour d’auberge) ou dans une cour limitée par quelques maisons, les «corrales » offrent différentes aires de jeu à plusieurs étages sans recourir à aucun décor. Certaines maisons, dont les façades constituaient les côtés arrière et latéraux de la scène, servaient fréquemment de loges, les comédiens pouvant utiliser les fenêtres pour gagner les aires de jeu. Au cours de la représentation, les spectateurs se tenaient debout ou occupaient les bancs portés pas des gradins installés sur les côtés. Ce ceci étant posé qu’est-ce que le : Théâtre élisabéthain ou le Drame élisabéthain
Le théâtre élisabéthain désigne le mouvement théâtral de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle en Angleterre, essentiellement à Londres, sous le règne d’Élisabeth Ière , de Jacques Ier et de Charles Ier .
Violent, irrespectueux et impudique, en rupture avec toutes les règles conventionnelles, le théâtre qui s’épanouit à Londres à partir des années 1570/80, déploie ses sanglants récits historiques à ciel ouvert, dans les arènes d’édifices nouveaux..
Grâce à Shakespeare, son principal représentant, qui a exploré tous les genres, il ne cesse d’enflammer les renaissances de l’art théâtral : une esthétique très libre, qui est parfois qualifiée de «baroque », par opposition à l’esthétique classique – soumise à de strictes règles –, va s’imposer au XVIIe siècle. LE PLATEAU
Avant la fin du XVI e siècle, il n’existait pas d’édifices spécialement affectés au théâtre. La vie théâtrale était composée de survivances des «mystères » religieux du Moyen Âge, de jeux, de tournois et d’entrées princières dans les villes, de ballets ou de cérémonies de cour, du théâtre des collèges et des universités et de représentations données dans des cours d’auberge ou dans des arènes.
L'ARCHITECTURE
De même que le patio des demeures espagnoles, qui a souvent abrité des représentations, a fourni le modèle architectural des corrales – les premiers théâtres construits en Espagne à la même époque –, de même la cour d’auberge, entourée de galeries, sert de modèle architectural aux premiers théâtres construits sous le règne d’Élisabeth Ire .
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James Burbage charpentier,devenu ensuite acteur, qui construit en 1576 le premier théâtre important, "The Theatre", sur le modèle d’un premier édifice londonien, le "Red Lion". Ces deux théâtres publics sont à ciel ouvert. Burbage fait transformer une salle du prieuré des "Blackfriars", à Londres, en salle de spectacle privée, réservée d’abord à un cercle d’initiés, puis à une élite assez aisée pour payer l’entrée. Dès 1600, il y aura cinq théâtres publics à Londres; d’autres suivront : le Curtain, la Rose, le Swan, le Globe (situé au bord de la Tamise, il pouvait contenir jusqu’à 2 000 personnes ), la Fortune et le Hope. |
LA SCENE
La scène élisabéthaine, fondamentalement différente de la scène frontale à l’italienne, répandue en Italie et en France, est logée dans un édifice à ciel ouvert, de forme polygonale (le Red Lion ) ou circulaire (le Swan et le Globe ); celui-ci enserre un espace central, l’équivalent d’une arène entourée de galeries, sur trois étages, où se tenait le public. Une vaste aire de jeu – le proscenium– s’avance dans cette arène ; les acteurs sont donc entourés par le public, sur trois côtés. Adossée au mur du fond, à l’arrière du proscenium, une petite scène couverte par un auvent de chaume peut être fermée par un rideau; elle est surmontée d’un étage servant le plus souvent de rempart ou de balcon. Un troisième étage accueille généralement des musiciens. Les théâtres privés, couverts, offrent aussi une vaste et profonde aire de jeu dans une salle de forme rectangulaire.
LA SCENOGRAPHIE
La pluralité des espaces scéniques permet des changements de lieu et de séquence parfois très rapides. Les lieux successifs de l’action (palais, forêt, lande, camp militaire, place, etc.) sont évoqués par quelques accessoires réalistes, le caractère des entrées, le ton et le costume des comédiens.
À la différence de la scène frontale à l’italienne, sur le proscenium élisabéthain l’acteur est au milieu du public populaire, qui assiste au spectacle debout dans l’arène. Vu de face et de côté aussi bien que de dos, il est donc plus engagé physiquement, et son jeu est plus gestuel et codé que travaillé dans la finesse de l’intériorisation. Plutôt qu’un personnage mimétique, l’acteur est une figure troublante et provocatrice (comme Hamlet s’adressant à sa mère ou à Ophélie ), dont les déplacements sont chorégraphiés.
Devenant progressivement des professionnels, les acteurs perfectionnent leur savoir-faire dans le domaine du chant, de la danse, et ils développent leurs qualités physiques.
Par ailleurs, conformément aux conventions esthétiques, les rôles de femmes sont tenus par de jeunes garçons.
Les théâtres permanents, qui rompent avec la pratique des représentations épisodiques, cérémonielles et itinérantes, donnent naissance, à la fin du XVI e siècle, à un véritable public : plus choisi et plus lettré dans les théâtres privés que dans les théâtres publics, celui-ci incite à la création d’un grand nombre d’œuvres nouvelles.
LES COMPAGNIES
Avant la période élisabéthaine, les comédiens sont assimilés aux vagabonds et aux malfaiteurs par la législation. Empêchés de travailler durant les épidémies de peste, ils sont livrés aux persécutions incessantes des puritains, qui les soumettent à la censure et obtiennent la fermeture des théâtres pour vingt ans !
PARTENARIAT
C’est sous le règne d’Élisabeth I re qu’une loi, leur accordera le statut de serviteurs de la famille royale ou des aristocrates, d’où les dénominations des principales troupes :
Chamberlain’s Men, Lord Admiral’s Men, Worcester’s Men, Queen Ann’s Men, King’s Men, Prince Henry’s Men...
Ainsi s’exercent un mécénat et une protection qui permettent à quelques troupes de devenir des entreprises régulières et rentables, malgré les dissolutions, les changements de mécènes, les épidémies de peste et autres aléas. Ces troupes, dont la fortune se limite à quelques accessoires et costumes, peuvent même devenir les actionnaires d’un théâtre : ainsi, Chamberlain’s Men – la plus importante et la plus brillante d’entre elles – est actionnaire du Globe, puis du Blackfriars. Grâce à cette relative stabilité d’une troupe professionnelle, des acteurs acquièrent une notoriété, tel Richard Burbage (Chamberlain’s Men ) qui créa de grands rôles shakespeariens (Othello, Richard III, Lear...).
Le plus souvent, les pièces sont commandées par les troupes à des auteurs qui pratiquent le métier d’acteur : Shakespeare était lui-même acteur des Chamberlain’s Men et actionnaire du Globe et du Blackfriars.
Les «masques»
Au même moment, d’autres troupes continuent à exister, notamment d’enfants ou d’étudiants, ainsi que celles qui jouent des ballets ou «masques », ( avènement de la Commedia dell’arte, un genre nouveau en vogue à la cour d’Élisabeth Ire, consistant en danses et déguisements costumés : acteurs et personnalités royales ou aristocratiques s’y côtoyaient. La protection des troupes par la haute société incitera un certain nombre d’auteurs à créer des scénarios pour ces «masques » de cour, ou à intégrer des éléments de ce genre dans leurs pièces (Roméo et Juliette de Shakespeare ).
LES AUTEURS
Pendant près d’un demi-siècle, on joua au moins deux cents auteurs, dont on connaît aujourd’hui six cents pièces. Si beaucoup d’autres textes sont perdus, c’est parce qu’ils n’avaient pas le caractère sacré des œuvres littéraires vouées à l’édition. Souvent, les auteurs travaillent en collaboration et remanient leurs scénarios au cours des répétitions.
Les premiers auteurs élisabéthains sont issus des grandes universités d’Oxford et de Cambridge :
John Lyly, Robert Greene, George Peele, Thomas Nashe, mais aussi Thomas Kyd (la Tragédie espagnole,), grand imitateur de Sénèque, et surtout Christopher Marlowe, le plus illustre prédécesseur de Shakespeare avec quatre grandes pièces : Tamerlan le Grand, la Tragique Histoire du docteur Faust, le Juif de Malte et Édouard II
L’INFLUENCE SHAKESPEARIENNE
L’œuvre accomplie par la première génération des auteurs élisabéthains sera prolongée par William Shakespeare, qui marque de son empreinte tous les genres dramatiques. De tous ses chefs-d’œuvre, l’on retiendra Richard III, Hamlet, la Nuit des rois, Macbeth, le Conte d’hiver ou encore la Tempête.
En revanche, Ben Jonson, son principal rival, qui suivait les règles d’Aristote, s’est illustré avant tout dans les comédies : Chacun dans son caractère et Volpone..
À côté de Cyril Tourneur la Tragédie du vengeur, et de John Webster, qui ont pris pour modèle Sénèque, le plus grand dramaturge post-shakespearien est John Ford : Dommage qu’elle soit une putain et le Coeur brisé. Mais, peu à peu, la violence et la liberté de ton des élisabéthains se diluent dans une production qui, sous Charles Ier, privilégie les divertissements de cour. La fermeture des théâtres par les puritains, en 1642, annoncera la fin du courant élisabéthain. THEMATIQUE ET POETIQUE
Intrigues, crimes, tortures et folie, tels sont les thèmes de prédilection des premiers élisabéthains, dont l’imaginaire sanglant et le goût pour la cruauté sont particulièrement manifestes chez Thomas Kyd et, dans une moindre mesure, chez Marlowe, ainsi que chez Cyril Tourneur et John Webster. Le public, composé essentiellement de bourgeois et d’étudiants, qui partageait la liberté d’esprit des pièces nouvelles – marquées par le refus des idéologies religieuses et des conventions esthétiques –, accueillait avec ferveur les thématiques nouvelles et l’évocation des conflits de la société contemporaine.
A L’IMAGE D’UNE SOCIETE
L’ensemble des thèmes abordés par les auteurs élisabéthains, qui s’étaient largement inspirés du théâtre de l’Antiquité romaine (en particulier de Sénèque ), ainsi que la violence de certaines scènes (comme l’aveuglement de Gloucester dans le Roi Lear ) étaient d’autant plus appréciés qu’ils exprimaient l’individualisme effréné de l’époque : Marlowe, homosexuel ( XVIè siecle….) qui mourut dans une rixe, est représentatif de ces ex-étudiants qui menaient une vie passionnée, désordonnée, parfois même dangereuse.
Loin d’être gratuit, l’imaginaire des auteurs élisabéthains reflète l’instabilité profonde de la société anglaise, les intrigues et les luttes acharnées pour le pouvoir, les crimes des rois (Henri VIII ) et les rivalités féroces, tant au sein de l’aristocratie que de la bourgeoisie.
Ce théâtre, qui frisait souvent le mélodrame et le mauvais goût, revêt une dimension héroïque et sublime, notamment chez John Ford, dont les héros s’opposent à la médiocrité ambiante (Dommage qu’elle soit une putain ). C’est aussi un théâtre de la cruauté pure, qui «sonde les reins et les cœurs » (Artaud ), cherchant avec obstination à cerner des phénomènes aussi troublants que le meurtre, l’ambition et les passions (Hamlet ). LE STYLE DE SHAKESPEARE
Par le procédé de la double intrigue (mise en parallèle des destins des personnages ) ou du «théâtre dans le théâtre », Shakespeare amplifie l’intensité dramatique de ses pièces, tout en opérant une forme de distanciation. Aussi mêle –t’il la méditation philosophique à l’écriture poétique et à l’évocation réaliste de l’histoire : il brasse les interrogations sur l’identité, la folie, la culpabilité et le pouvoir, en leur donnant une forme poétique ("la tempête" devient une métaphore de la folie du "roi Lear" ).
UN MODELE « GENERATIONNEL »
Son ton, son audace formelle et sa violence ont conféré un rôle historique au théâtre élisabéthain, qui fonctionne comme un antidote à toute limitation de l’imaginaire, à l’esthétique «à l’italienne», et qui va à l’encontre des règles de bienséance. Ainsi, dès la fin du XVIII e siècle, préromantiques et romantiques l’ont pris pour modèle ("Racine et Shakespeare", de Stendhal ; "la Préface de Cromwell", de Victor Hugo ). Au début du XX e siècle, en rupture avec le naturalisme des œuvres et des décors, les auteurs renouent avec les traditions du théâtre élisabéthain et sa conception architecturale : Maeterlinck adapte "Dommage qu’elle soit une putain" ; Copeau monte "la Nuit des rois" au Vieux-Colombier, remettant l’acteur au premier plan ; Craig et Appia proposent des scénographies pour le répertoire shakespearien. Brecht, à son tour, s’appuiera sur l’analyse de la scène et des œuvres élisabéthaines pour mettre en œuvre son théâtre épique et la théorie de la distanciation.
L'ETHIQUE ELISABETHAINE
Sous la menace puritaine, ce théâtre fait éclater le chant du paganisme renaissant. Il clame éperdument l’ivresse de vivre sans autre règle que de demeurer fidèle à l’essence de son être. Poursuivant la pureté à travers le paroxysme, rejetant toute censure, leur orgueilleuse transgression des interdits sociaux ne soumet que plus despotiquement ses héros aux fatalités naturelles. Ils aiment à se dire les artistes de leur vie, ils se prévalent d’une culture exquise, mais ils lisent dans les astres le chiffre de leur destinée !.
Dans le sang, dans le crime, dans la folie dans la cruauté, dans la vengeance, dans l’inceste, ils se proclament, tel le Felice de Marston, «parfaitement d’accord avec le bonheur universel. » Aussi bien cet individualisme trop tendu finit par se résoudre en frénésie panique : nulle part la tragédie n’a plus superbement célébré la puissance anarchique de la vie, mais à la limite où la tragédie s’abolit dans l’excès de l’horreur.
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Thomas Kyd : (1558-1594) Dramaturge anglais , auteur du Fratricide puni (1589) modèle original de Hamlet |
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William Shakespeare : (1564 - 1616). Ecrivain britannique, né à Stratford-on-Avon. Les détails de sa vie sont très peu connus; Fils de commerçant, peutêtre catholique, il se maria jeune (1582) mais quitta femme et enfants pour devenie acteur à Londres (v1588). Son premier ouvrage, "Vénus et Adonis" (1593), est dédié à Lord Southampton qui lui accordera sa protection; suivont "le Viol de Lucrèce" (1594) et des Sonnets, adressés, à un mystérieuxdestinataire qui est, à l'évidence, un homme. Les troupes de comédiens, victimes de la peste de 1592, se séparèrent et Shakespeare fit un bref séjour à Stratford. A son retour, entré dans la troupe du Lord Chambella,nn (Lord Chalmberlain's Men) qui deviendra, à la mort de la reine Elisabeth la troupe du roi (King's Men), placée sous la protection, de Jacques Ier en 1603, il connaît un grand succès en montants ses pièces à Londres et en provvince. A la fin de sa vie, après 1613, il retourna dans sa ville natale. On a douté de l'authenticité de son oeuvre, qu'on a parfois attribuée à quelques-uns de ses contemporains (Ben Jonson, Bacon), et dont il est difficile de dater les différents éléments (n'ont été publiées de son vivant que 16 pièces sur les 37 dont on lui attribue la paternité). Shakespeare a abordé toutes les formes de théâtre : drames historiques à sujets tirés de l'histoire romaine ("Jules César", 1599; "Antoine et Cléopâtre",1606) et de l'histoire de la Grande-Bretagne ("Henri IV",1591; "Richard III", 1592); Tragédies ("Hamlet", 1601; "Othello", 1604; "Macbeth",1605; "Le Roi Lear",1606 ; "Roméo et Juliette", 1595) ; Comèdies légères ("Le Songe D'une nuit d'été", 1595; "Le Marchand de Venise", 1596; "La Mégère Apprivoisée", 1594) ou féerique ("La Tempête", 1611). Shakespeare invente rarement son sujet mais redonne vie à des histoires anciennes ou à des personnages traditionnels : Shylock l'avare, Fastaff le bouffon, Othello le jaloux, Macbeth le criminel, poursuivi par le remords, Hamlet qui médite et hésite, tourmenté par l'idée d'agir. Il a peint touts les passions et abordé tous les problèmes, fde la politique à l'amour. la variété de son style et de ses images, la violence ou la fantaisie de ses intrigues ont fait de lui l'idole des romantiques et il continue d'être joué dans le monde entier. L'oeuvre dramatique de Shakespeare, aussi immense que diverse, à inspiré nombre de musicien et de cinéastes. |
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Christopher Marlowe : (1564-1593) Dramaturge et poète anglais. Aventurier et bagarreur, il écrit sa première pièce dès sa sortie de l'université de Cambridge : "Tamerlan le Grand" (1587). Son oeuvre, souvent comparée à celle de Shakespeare, explore l'ambition et la soif de pouvoir des hommes : "le Juif de Malte"(1589), "Edouard II" (1592). "La Tragique Histoire du Docteur Faust" (1588), drame publié après sa mort, en 1601, est inspiré d'une oeuvre anonyme, parue à Francfort-sur-le-Main (1587).Il est également l'auteur d'un poème, "Héro et Léandre" (posthume, 1598).Habitué des tavernes, il fut tué au cours d'une bagarre dans un bouge. |
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Ben Jonson : (Benjamin) v.1572- 1637 Ecrivain Anglais, contemporain de Shakespeare, auteur de multiples comédies qui apportèrent un style humoristique nouveau dans le théâtre anglais : "Volpone" (1605), "L'Alchimiste" (1610), "la Foire de la Saint Barthélemy" (1614) |
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William Congreve : (1670-1729) Auteur anglais de comédies qui peignent avec vivacité les moeurs du temps : "Le Vieux Garçon" (1693), "Amour pour amour" (1695), qui déclencha la fureur des puritains, "Ainsi va le monde" (1700)
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REGLE DES TROIS UNITES (cf Wikipédia, encyclopédie libre)
En France, le théâtre classique du XVIIe siècle était extrêmement codifié. La tragédie et la comédie devaient obéir à des règles précises, à savoir la règle des trois unités, censée capter l'attention du lecteur, respecter la bienséance (pour ne pas choquer le spectateur), et respecter une certaine vraisemblance. La règle des trois unités était composée de : · l'unité de temps, l'action devait se dérouler en une journée ; · l'unité de lieu, toute l'action devait se dérouler dans la même pièce ; · l'unité d'action, il ne devait y avoir qu'une seule intrigue dans l'œuvre. En un jour, en un lieu, une seule action accomplie Cette règle avait pour but de ne pas fatiguer le spectateur avec des détails comme le lieu ou la date, afin de lui permettre de se concentrer sur l'intrigue, pour mieux toucher et édifier. La règle de la bienséance avait pour but de ne pas choquer le spectateur, souvent des hommes et des femmes de la cour du roi. Ainsi, les meurtres, les suicides des personnages devait se passer en dehors de la scène, un personnage raconte alors l'événement. Toutefois, cette règle put nuire à la portée de la pièce sur le spectateur. Exceptions notables : La mort de Phèdre, dans la pièce éponyme de Racine, et la folie du personnage d'Andromaque (de Racine aussi) sont jouées sur scène. La règle de la vraisemblance visait avant tout à toucher le spectateur en lui proposant des histoires strictement réalistes. Il ne faut pas confondre le théâtre classique et d'autres théâtres. Ces règles ne s'appliquent qu'au premier (Jean Racine, Pierre Corneille, Molière le plus souvent). Des auteurs baroques, comme Shakespeare, pourtant plus ancien (XVIe siècle) font jouer des duels, des meurtres, des suicides. On y voit intervenir des farfadets, des fées. |
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A venir |
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Pierre Corneille : Né à Rouen le 6 juin 1606 — mort à Paris le 1 er octobre 1684. |
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Molière : Né le 15 janvier 1622 à Paris et mort le 14 février 1673 à Paris |
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Né en 1670 à Barsey, près de Leeds (en Angleterre, dans le West Yorkshire) et mort en janvier 1729 à Londres |
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Racine : |